Accueil > Critique > Lectures italiennes de Françoise Lachkareff > Antonio Moresco : La Petite Lumière

Antonio Moresco : La Petite Lumière

jeudi 12 février 2015

ANTONIO MORESCO : PETITE LUMIÈRE*

Antonio Moresco, la Lucina, Mondadori, coll. « Libellule », Milan, 2013 ; La Petite Lumière, traduit de l’italien par Laurent Lombard, Verdier, Paris, 2014.

Dans une région de montagne à l’écart de tout et presque désertée, un homme a entrepris de vivre en solitaire dans des conditions qui confinent à l’ascèse de l’ermite. « Je suis venu pour disparaître », dit-il. Rares sont les occasions de rencontrer ou seulement de deviner une présence humaine, mais le soir, de l’autre côté d’une gorge, luit la « petite lumière ». Qui donc la fait briller ?

Face à ce monde si rude, un monde hanté de quelques personnages étranges, vivants ou morts, aliens ou revenants, menacé par la puissance primitive et terrible du végétal qui l’envahit de toutes parts, des animaux qui le parcourent sans répit, et au travers d’un récit à la limite du fantastique, le sentiment qui l’emporte, suscité par une écriture mimétique qui parvient à transcrire l’état de sidération du narrateur, c’est celui d’un vide cosmique, d’une incertitude absolue, que résume l’ultime dialogue :
« Où allons-nous », demandé-je.
« Je ne le sais pas. »

Un très étrange et très beau roman, cependant.

Françoise Lachkareff

* Cet ouvrage est le premier traduit en français de cet auteur mantouan né en 1947, dont l’œuvre romanesque compte de nombreux titres reçus avec succès dans son pays comme à l’étranger.