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Bruno d’Abrigeon

samedi 26 mars 2016

Sculptures
Ci-dessus : Le Nid (1994).
Ci-dessous : Cicatrice (2008) - Peut-être (2000). - Escalier à bascule (1998-2008) - Arche (1996) - Robe tue-mouches (2001) - Nid (1994).
V. brunodabrigeon

LE NID*

Les meubles-sculptures en métal – fer, zinc, acier –, avec parfois des éléments plus doux – plumes, etc. –, occupent une salle lumineuse et blanche de cette demeure ancienne et retirée. Le bois d’à-côté fournit sans doute la matière première de certaines œuvres.

L’inventivité de Bruno d’Abrigeon, sculpteur et graveur, est sans limite. À l’heure où tant de productions indigentes d’artistes amnésiques et suffisants occupent le terrain, il explore, en prise avec son temps, et reprend des œuvres de quelques anciens – Fra Angelico, Vélásquez, Léonard, Duchamp... Il s’est ainsi inspiré d’une image du Moyen Âge pour son Arche itinérante (1996), conçue en réaction à un certain discours réchauffé de l’extrême droite sur l’art.
Humour, curiosité : les choses paraissent faciles de prime abord. Mais, très vite et en y regardant de plus près [...], on perçoit une angoisse profonde chez cet artiste. Le Nid, que Ginette Mathieu compare à une « herse meurtrière », en est une des preuves les plus tangibles.
Il y a une violence presque physique dans ces œuvres, la violence d’un corps rompu à une épreuve toujours présente.
Christiane Tricoit, préface (2005, 2016)

*

Première rencontre

Un champ ouvert
Des rangs de cônes en béton piquants gris comme du métal,
défenses érigées précises
L’agencement est soigneusement calculé
Traverser à pas de précautions austères
ou bien zigzaguer à travers cette marelle d’épines qui libère
l’espace aux quatre vents de la rue ;
Puis s’éloigner un peu, reprendre souffle, songer, se recueillir, revenir.

Au centre la tour : Le Nid spacieux, bien rond.
L’oiseau, batailleur, a ciselé des murs de lames
tôles aiguisées en draperies multiples
les plis sont profonds.

Au-dedans rien que du blanc de langes
édredons mousses ouates que la pompe soulève
flocons jusqu’aux nuages…

Barrages ? En nous…

Entendre le rythme de ces pulsations, les écouter, comprendre,
pour que la lumière jaillisse assez
car l’oiseau dans le secret couve son envol.

Ma marche devient plus légère, ce soir, là, passante.

Les charpies les éclats tranchants hérissés dans l’ombre
ramènent toujours au champ de coton tendre.

Ginette Mathieu, mars 95, Aubenas

[...]

* Extrait. Romainville, Passage d’encres, coll. Trace(s), 2005.

Portfolio

  • Cicatrice (BdA, 2008).
  • Peut-être (BdA, 2000).
  • Arche (BdA, 1996).
  • Robe tue-mouches (BdA, 2001).
  • Nid (BdA, 1994).
  • Escalier à bascule (BdA, 1998-2008).