Accueil > Vu d’ici > Politique, morne plaine

Politique, morne plaine

samedi 10 septembre 2016

© Ch. Tricoit, collage (détail), mars 2016.

« Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. [...]
Hâtez-vous lentement [...]
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

Boileau, L’Art poétique.

*
Du vent
Ce « Hâtez-vous lentement », qui reprend deux adages, latin et grec, pourrait s’appliquer aux accros aux tweets.
Twitter a libéré la parole, celle des politiques en particulier, et pour le pire. Chacun(e) y va ainsi de sa petite phrase, se lâchant sur tout et n’importe quoi. Ces courtes phrases, qui n’ont rien de gazouillis (tweets) et qui tiennent souvent du persiflage, sont retranscrites en boucle dans les bandeaux en bas d’écran des chaînes d’info en continu. Tout cela paraît tellement compulsif, lamentable et tout aussi dangereux pour la réputation de leurs auteurs que les promesses de campagne non tenues et parties avec le vent dont est faite de plus en plus la parole de la majorité des politiques actuels.

Primaires : pléthore de candidats.
Le JT d’A2 a diffusé, le 25 août dernier (20 h45), un document jubilatoire sur le retournement de veste chez quelques ténors du parti Les Républicains.

*
Ça balance dur
Il y a tellement de malversations, de mises en examen, d’affaires de corruption en cours qu’on frôle la république bananière. Il y a quelques jours, lors de son procès, Jérome Cahuzac (« Les yeux dans les yeux ») a sorti une carte de sa manche en enfonçant Rocard, qui ne pourra lui répondre puisqu’il est décédé il y a deux mois.

Des oiseaux, des vrais
Pour se sortir du marasme ambiant, on peut lire et entendre les vrais gazoullis des Zozios, de Jacques Demarcq, éd. NOUS, 2008 (avec un CD, 58’), livre qui a inspiré des lectures-concerts intitulées Avec les oiseaux (lectures de Jacques Demarcq et Dominique Meens, improvisations à la guitare du compositeur Francis Gorgé). L’une d’elles a eu lieu dans la grange de Passage d’encres, à Romainville, avant 2012, date du déménagement.

Depuis quelques jours, les hirondelles se regroupent sur les câbles électriques à l’entrée de Quistiave et s’envolent d’un coup pour se retrouver ailleurs un peu plus loin sur d’autres câbles quand on s’approche doucement à pied ou en voiture. On ne pense pas à l’automne et à leur départ proche avec cette chaleur d’été qui se prolonge et pourtant elles sont bien là.

Ch.Tr.