Accueil > Passage d’encres III, revue en ligne > 13. Cinq poèmes - Guillaume Decourt

13. Cinq poèmes - Guillaume Decourt

samedi 14 janvier 2017

13. Passage d’encres III - Janvier 2017 - issn 2496-106X.

1.
Un cil m’en tombe à chaque tentative de travailler. Je persévère mais toute la valetaille m’abandonne. Je me retrouve les paupières nues. Mes amis, jadis mous, prennent soudain des rictus d’hastati. Je me suis découvert un goût certain pour le mensonge.

2.
À peine ai-je dit quelque chose que je le regrette déjà. J’étais beau voici que je le suis un peu moins. À trente ans passés je porte encore la marque des brassards. Il fait chaud. Des chameaux s’abreuvent à la fontaine. « Le cornac, dites au cornac de partir. » L’amour fatigue.

3.
Quelque chose craque dans ma tête et tout à coup tout s’éclaire, je ne veux plus rien. Des wallabies traversent la rue de l’amiral Mouchez. Ils font des bonds de fourchette et de couteau en tenant un langage qui ne concerne personne.

4.
L’homme content de lui nous parlera du temps qui presse et du temps qui passe, deux types de temps qui nécessitent une approche différente. L’œuf est de moins en moins rond. Ce qui se meut se fragmente déjà. Il dit que nous souffrons de décalage horaire.

5.
Deux espoirs qui se tournent le dos et toujours cette voix qui répète : « Votre porte est ouverte ». L’oiseau pique-bœuf regarde. Des gitans fouillent nos poubelles sans en faire une maladie. J’invoque Pipistrellos, le dieu des coffres-forts.