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L’y paraît que

samedi 2 août 2014

L’ y paraît que

par Jean-Baptiste Mercey

partout... au comptoir comme au bureau… matin midi soir… entre deux rangées de penseurs à la sauvette bien décidés à en découdre (éventuellement se glissant de l’une à l’autre)… en monologue, conciliabule, dialogue critique, assemblée plénière… face au gros monsieur chauve tout plein d’autorité… sortant comme un poil du nez des vedettes comme des anonymes… à la télé comme dans la vie… sans distinction de quartier, de voiture ou de frigo… servi en entrée, histoire de lancer la conversation… vinaigrette (ça pique), terrine (ça estomaque), verrine (ça fait genre)… servi encore au plat principal, histoire de remplir la conversation… en fromage si ça se corse… dessert ou café, histoire de conclure (la conversation)… un vrai caméléon, dites donc… placé là, en préfixe, comme une mesure de prudence… discret, s’effaçant sitôt que la suite est lancée… y paraît que… laissant à d’autres le soin d’endosser l’éventuelle responsabilité des propos… ah c’est pas moi qui le dis… enfin c’est ce qu’on dit… personne ne l’a dit mais tout le monde le dit… l’y paraît que, redoutable, ça…. on le remarque à peine… pourtant ce qu’il pousse devant lui en prend comme un cachet particulier… quelque chose qu’on suppose irréfutable… le gros monsieur chauve va devoir le réfuter… se retrouver seul face à… face à ce qu’il paraît… source sure, bon sens populaire, bouche d’imposteur, n’empêche… n’empêche que ça tache… ça peut quand même pas tous être des menteurs… ben si...

(24/09/2010)