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Brèves 4

jeudi 2 juillet 2015, par Christophe Stolowicki

BRÈVES 4

Balafres à même la vie. Fracassés, éclats plantés tessons dans le mur des lettres, seuls quelques poètes rendent sensible, et le temps seulement de leur lecture, l’implacable avantage d’être mortel.

Un anniversaire décennaire de ballets, de balais, déblaie le fortuit.

Note dure de Monk, abrégée sur un pan de suspens de néant où d’autres arpègent.

D’esthétique extrémiste des pensées tièdes font le fond de rumeur.

Adaptable en tous idiomes une plaquette de poèmes, aux éclats près, de traduction instantanée.

Au creux de bibliothèques murales épaisses des livres que je ne lis plus propagent le fond de rumeur.

Des points d’exclamation rognée, d’interrogation incluse, de suspension suspendue : prosent.

Depuis le surréalisme né de la première guerre mondiale et de sa niaiserie dans l’horreur, le tragique s’est resserré de plusieurs crans. Y répond volontiers un surréel tiède contemporain. En regard Le Cours de la liberté ou La Nostalgie sexuelle, le surréalisme par Rodanski pris au sérieux, au sériel, à la lettre, à la gorge. Même pastiché c’est Breton l’imposteur.

Une péroraison onirique monte en décrochements au cœur lettré de l’orgasme.

La littérature a ses saints et ses martyrs que des Muses jalouses harcèlent pis qu’Euménides.

Quand tout le monde taquine le goujon.

L’art de lire au nadir d’art de vivre. L’art d’écrire se passant de conseils à un jeune poète d’un briscard de la néoténie.

Quand les élites de la République se régalent de romans d’aéroport, un onirisme transversal ne dit pas son nom.

Des presque bourgeois, bourgeois se reproduisant avec élégance, des nobles exempts de pose sauvant qui peut leur nom, peu lisent.

À bout de nivèlement les mots se rebiffent, la langue bée de trous noirs où le b-a : bah !, où le b-a : bas s’enroule en spirale aux baies qu’abat l’illettrisme dont je gare mes abattis.

Matthieu Messagier, métis de lin blanc pourpensé de coton. En grand écart de registres une poétique aux forceps par faux et usage tranche dans tout ce qui se présente à l’oubli.

Juin. Jeunes & beaux les jours s’allongent à l’insonore du bel été, être et être été.

Christophe Stolowicki

Passage d’encres III - n° 5 - 3e trimestre 2015.