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Festina lente...

dimanche 27 décembre 2015

FESTINA LENTE, HÂTE-TOI LENTEMENT

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

Boileau, L’Art poétique.

*
Ces quelques vers de Boileau archiconnus sont toujours d’actualité. Dans la langue de bois ou le verbiage qui sévissent dans les sempiternelles émissions-débats, vérités et contrevéritées se confondent, à tel point que l’on trouve désormais un peu partout, dans les médias, des rubriques « Désintox », « Décodage », « Décryptage », « Superdécryptage », Grand Angle », « Pour aller plus loin ».., qui correspondent sans doute à un besoin d’en savoir plus du public.
Lire aussi, sur mediapart, l’article de Jean-Louis Legalery, « Le langage ézozotérique de Nicolas Sarkozy » (15/12/2015).

L’anglais est devenu la langue mondiale, et cela s’est accentué avec le Réseau, mais il s’agit d’un anglais passe-partout et plutôt bas de gamme. Aucun pays ni échappe, et il y a surenchère en la matière (v. Français anglais, globish et Français actuel, dico sommaire dans inks).

Quoique anglophile, nous continuons de défendre le français1. La méthode globale n’a pas arrangé son apprentissage, et l’on en voit aujourd’hui certains effets désastreux. Quant au français parlé et transcrit par SMS, textos, etc., il fait preuve d’une réelle inventivité (v. aussi Français, le Grand Bang sur ce site).

À lire : Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), essai. Montréal, Del Busso éditeur, 2015.
À écouter, sur France Culture, « Le monde selon Antoine Perraud » du 27/12/2015.

Christiane Tricoit


1. Passage d’encres n° 38-39, « Pourquoi le français » (2009, cahier Québec coordonné par Fulvio Caccia).