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7. Rien ne va plus - Gérard Deloux

jeudi 28 janvier 2016

7. Passage d’encres III - 1er trimestre 2016 - issn en cours.

RIEN NE VA PLUS

Imposture et manque
La mort est là cachée et sans cesse me suit
La vie me transporte et je me mets en tête
que j’espère l’instant.
Deviendra-t-il poussière ?

1935, à Esterwegen,
«  [...] l’émissaire de la Croix-Rouge est venu me visiter car le comité
Nobel veut m’attribuer le prix de la paix. J’ai aperçu un homme et je n’ai pas prononcé un mot. Toutes mes dents avaient été arrachées par mes bourreaux, ma jambe cassée me faisait mal, je tremblais de douleur, je n’avais pas accepté de refuser le prix. »
Cette lettre aurait pu être écrite dans ce « camp de punition ». C’est le texte exact du rapport de l’envoyé de la Croix-Rouge suisse.

Un pari perdu
Carl von Ossierzky était connu dans le monde entier : aucun responsable politique ou religieux ne pouvait ignorer sa situation : Silence.
Le Nobel lui fut décerné en décembre 1936. le porte-parole du comité fit son éloge et excusa son absence par sa mauvaise santé et la nécessité d’une « protection carcérale ».
Ossierzky mourut effectivement en 1938.
Avant 1914, il militait déjà contre l’armement à outrance. Après 1918, il combat contre toute guerre, pour une vraie république, et le gouvernement de Weimar le condamne à la prison en 1927.
L’avènement du nazisme le réduisit définitivement au silence en 1933.
Une université porte son nom à Oldenbourg, près de Brême, et possède documents et biographies non encore traduites.

Gérard Deloux