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7. Brèves 13

samedi 2 avril 2016, par Christophe Stolowicki

7. Passage d’encres III - 1er trimestre 2016.

BRÈVES 13

My favorite things, 1960. Jamais le pouls, le sang aux tempes, la cénesthésie du temps vécu, du temps à vivre ne font silence quand la voix de saxo, quand son écho piano relâchent. Elvin Jones entré par la porte secrète, McCoy Tyner par la porte entrouverte dans la vie de Coltrane qui les arrachera un jour, l’âme venant avec.

Jésus Antéchrist chassé par les victimaires marchands du Temple des lettres.

Je marche sous la mer. Je tète sous la mer. À vau-l’eau de la mer je pleure toutes les larmes d’une frustration, d’une carence qui sont mon fer de lance. Jamais bébé heureux, vingt mille lieues sous les mers dans son harem de vitres, ne découvre la fission de l’atome.

Maman me repousse m’accule dans un monde fissuré que les yeux scintillant dans ma baby’s chair je répare à grands traits expérimentaux.

Calame mité d’économiste mine les titanesques montagnes démographiques arpégées de ciel.

Bouteille à l’amarre lancer le pavé dans l’amer.

L’économie (de l’agression) chose trop précieuse pour être laissée aux économistes.

Essais, essieux, essuie-mains du réel ces brèves arthropodes, tenues à distance du poème par la contrainte d’ondes gravitationnelles.

Gorge nouée dont le jazz délie l’accord vocal.

D’une nuit avec l’ange l’insomniaque accouche aux forceps un an après d’une brève en peau de chagrin.

Monk en 1964. N’infiltre plus ses sidemen. Charlie Rouse, Butch Warren, Frankie Dunlop exécutent leur solo à tour de rôle comme dans n’importe quel quartet sans que le maître de touche de son banc de touche imprime à petits coups de cutter espacés – son pouls.

Seul Sonny Rollins, 1962, dans son duel singulier avec Coltrane de mirmillon contre rétiaire ayant mordu le sable de l’arène se relève – plus disert, plus désert, impérial d’un congé sabbatique de deux ans de sourcier tari. S’effondre, le compte est bon.

L’Afrique sans recul, revolver au palais, de mémoire enrayée, le canon qui s’engorge.

Écourtée la chamade, le prélude d’une captation de bienveillance manque au free, manque au rock, manque au rap, au hip-hop, à l’électronique. Leur manque du hard bop la coda à pas de chat.

À la trompette de Woody Allen l’argentique remonte de son bain révélateur.

Au Salon d’empoigne de la porte de Versailles j’erre parmi les stands périphériques où la chalandise s’émiette.

Par à-coups de parenthèses distribuées au pénultième hasard, en aparté de secrets plaqués à toute face, Agnès Rouzier (1936 -1981) forge une écriture de pics épileptiques à paliers de douceur. De son vivant quasi ignorée.

Astigmates frileux.

Une aile prise dans le brasier, de l’autre j’évente mes fous et mes folles, mes folles surtout.

Christophe Stolowicki